10 mois à travers l'Asie, juste le temps d'en avoir un petit aperçu ...
Auroville (La cité de l'Aurore) est située à une dizaine de kilomètres de Pondichéry. Cette ville a été créée d’après les « visions » de Mirra Alfassa (Mirra Richard), plus connue sous le nom de La Mère, compagne spirituelle de Sri Aurobindo, penseur indien de l’homme nouveau (ça commence bien !).

La Mère
La ville n’appartient à aucun pays (mais il faut un visa indien pour y séjourner) et n’importe qui peut s’y installer à condition de vouloir "être le serviteur volontaire de la conscience divine" (qui doit permettre d'aller vers l’homme supramental, c'est-à-dire l’étape d’après la simple conscience selon l’enseignement de Sri Aurobindo). Tout va bien jusque là ?

Sri Aurobino
Bon, en dehors des aspects spiritualo-mystiques, c’est une expérience intéressante de communauté œuvrant à un nouveau type d’organisation sociale (c’est ma vision athée des choses), où tous les aurovilliens sont censés chercher le bonheur de la communauté et s’organiser selon de nouveaux modes de pouvoir.
Lancée en 1968, aujourd’hui Auroville s’étend sur une superficie de 20 Km2, comprend environ 1.800 habitants de 35 nationalités différentes (et 4.000 employés tamouls des villages alentours qui viennent y travailler quotidiennement), qui ont construit des éoliennes, replanté 2 millions d’arbres en presque 40 ans, développé un réseau d'évacuation et d'adduction d'eau (alors que le site était en voie de désertification), des activités artisanales (dont la fabrication du fromage « auroblochon » qui ne mérite pas le détour pour son goût qui ne ressemble à rien), un centre de traitement informatisé, des actions humanitaires envers les villages et habitants tamouls des environs ..etc.
C’était le côté positif. A l’inverse, il apparaît que pour s’installer il faut être coopté, verser une cotisation, avoir assez d’argent pour vivre 2 ans sans avoir besoin de travailler (donc plus facile pour un occidental que pour un indien). Une partie des bénéfices personnels sont reversés à la communauté (ce qui pousse certains entrepreneurs aurovilliens à délocaliser leurs activités florissantes vers les villages tamouls, voire même peut-être en Chine pour faire encore plus de bénéfices et se les garder pour eux). Il semble que des gens viennent ici plus pour être tranquilles que pour participer à la création d’un nouveau monde. Les utopies du début ont été confrontées aux travers de la nature humaine ...

L'amphithéâtre et le Matrimandir
Malheureusement, c’est un monde assez fermé, et pour pouvoir en saisir l’esprit il faut être prêt à y séjourner plusieurs jours (voire semaines). Le visiter un après-midi, comme je l’ai fait, ne donne à voir qu’un centre de visiteurs sommaire, des boutiques de souvenirs, et - de loin - le Matrimandir (salle de méditation). Je dois avouer que ce que je prends pour un charabia new age ne m’a pas donné envie d’aller plus loin, mais c’est quand même une expérience originale.
Bises à tous